L'homme, le milieu et l'espace

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Partout où il existe, l'homme est à la fois un produit de son milieu et appelé à agir constamment sur ce dernier si bien que l'homme se trouve être le produit et l'acteur à la fois. Le milieu est ce cadre de vie où se meut un groupe social dans un espace donné. Il correspond à deux composants principales : la composante naturelle et la composante culturelle.

 

      Ces deux composantes se trouvent en interaction continue si bien que parfois, il est difficile de distinguer l'une de l'autre dans la mesure où l'on a affaire à une chaîne de causalité. Cependant, pour des raisons didactiques nous tenterons de séparer les deux composantes pour la clarification du texte.

 

 

La composante naturelle

 

       Elle regroupe les données physiques du milieu, modifiées ou non par l'action de l'homme. Ces données naturelles requièrent une grande importance si l'on veut que l'intervention humaine soit efficace. En effet, la maîtrise de la nature passe par la connaissance précise de ses lois pour exploiter au mieux ses potentialités et contourner ses contraintes. 

      L'analyse des potentialités et des contraintes du milieu nous permet de tirer le maximum de profit et de garantir l'efficacité à notre action, éviter les échecs et le gaspillage sans porter atteinte à ce milieu dont la gestion et l'utilisation doivent être les plus rationnelles possible.

       En effet, devant la rareté des ressources (espace, eau, sol...) d'un côté, la croissance démographique, la diversification et la multiplication des besoins de l'autre, l'homme se trouve condamné à gérer rationnellement ces ressources rares et utiliser efficacement le milieu qui constitue à la fois, le support de la production et le cadre de vie, si on ne veut pas porter atteinte à son existence même.

 

 Les différents éléments

 

      L'étude du milieu doit partir de l'analyse des divers éléments pour déboucher sur deux faits :

      * Les aptitudes, les potentialités et les contraintes qu'offre ou dresse chaque élément du         milieu.

      * La définition de micro-zones selon des performances forcément différentielles.

 

       Ces orientations doivent constituer les axes majeurs de toute étude du milieu. La portée opératoire doit guider cette analyse et il ne s'agit, en aucun cas, d'étudier le relief, le climat ou le sol contre des fins en eux-mêmes.

 

      A une petite échelle, celle d'une région du moins, ce qui est déterminant, c'est d'abord le climat beaucoup plus que le relief. Il est certain qu'à d'autres échelles, le relief requiert beaucoup plus d'intérêt et devient même l'élément le plus déterminant.

       Ce climat, résultat de la circulation atmosphérique générale, va déterminer les sols, l'hydrologie, le couvert végétal en fonction des données du relief, des pentes, de l'exposition et de la roche mère, donnant lieu à des microclimats.

       L'analyse des éléments du climat est de nature à faire ressortir les aptitudes et les contraintes: température, précipitations, vents et humidité relative. L'interférence des données du climat avec les autres éléments du milieu explique les aptitudes des sols, les ressources en eau, la variété végétale mais surtout les possibilités.

       Quant au relief, il détermine, par ses formes, la pente, élément central dans l'assainissement, l'érosion et l'écoulement mais aussi la profondeur et la texture des sols et l'étagement végétal. L'analyse doit déboucher sur des unités orographiques en fonction de leurs aptitudes.

       L'hydrogéologie est le résultat de la combinaison du climat, du relief mais aussi des données du sous-sol : nappes, aquifères fossiles, inféroflux, épandage.... Le ruissellement est ainsi fonction de la pente, de la densité du couvert végétal et de la texture qui détermine l'infiltration. Tandis que la constitution lithologique et tectonique détermine les nappes phréatiques, les résurgences, la géothermie, la plus ou moins grande profondeur de ces nappes et de là , la possibilité d'exploiter certaines ressources par le biais des puits de surface.

 

      Les sols, bien qu'ils demandent souvent  de très longues périodes pour se former, sont fonction aussi des données naturelles actuelles. Là, l'intervention de l'homme se trouve de plus en plus au centre de la problématique dans la mesure où les données naturelles ont peu changé, et de toutes les manières leur changement, s'il y en a, est peu perceptible à l'échelle de l'homme. Ces sols qui ont exigé des siècles ou des millénaires pour se former, se trouvent de plus en plus, objet d'une intense érosion à la suite de l'action anthropique : déboisement, défrichement, surexploitation des parcours et mécanisation si bien qu'actuellement des milliers d'hectares se perdent dans la mer ou dans les dépressions intérieures, les paysages de ravinement se généralisent et la désertification progresse notamment dans les espaces à équilibre fragile.

 

      Le couvert végétal constitue, quant à lui, une richesse pour l'élevage, une protection des sols dans la mesure où il les fixe et leur permet d'évoluer mais il facilite aussi l'infiltration des eaux pluviales et assure la recharge des nappes.

 

      Ce qui est grave, c'est que les formations primaires (forêt, steppe ...), une fois dégradées ne se reconstituent plus et donnent bien ainsi à un processus irréversible de dégradation du milieu et déclenchent les mécanismes érosifs dont les effets se manifestent souvent très loin des espaces où ils prennent naissance : c'est ainsi que les inondations dans les plaines ont pour origine la mise à nu des bassins-versants.

 

 

L'objectif  : l'action

 

       On ne peut abonder dans l'analyse des divers éléments du milieu car on ne doit pas oublier le fil directeur de cette tâche : déterminer les aptitudes et les contraintes, définir des micro-zones ou des unités naturelles. En effet, notre objectif n'est pas d'analyser en détail ces éléments, il s'agit plutôt d'établir un diagnostic suffisant pour passer à la seconde tâche qui est la plus importante : celle de l'action.

 

      Il faut signaler, toutefois, que l'action ne peut être efficace que lorsqu'elle se base sur une connaissance minutieuse du milieu.

 

 

La démarche intégrative

 

      Le diagramme suivant reflète les interdépendances entre les divers éléments si bien qu'une démarche intégrative et globale s'impose et toute approche qui ignore ces biens circulaires ( et non linéaires ) risque de perdre l'objectif.

 

      En réalité, les liens entre éléments du milieu sont loin d'être linéaires, de cause à effet ou de type mécanique. Chaque élément agit sur l'autre et s'altère en même temps qu'il agit: il détermine en même temps qu'il est déterminé. C'est ainsi que le climat agit sur le relief (érosion, accumulation ...) qui par ses formes et son système de pente, donne lieu à des microclimats (exposition, inversion de température, altitude...) et le climat initial se trouve ainsi altéré voire modifié en donnant lieu à des nuances locales fort contrastés. Ceci est aussi vrai pour les autres éléments comme l'eau, le sol ou le couvert végétal.

 

      Devant cette complexité, la démarche analytique verticale se trouve peu opérante. Cette complexité se trouve encore plus accentuée par l'interférence de la composante culturelle.

 

 

La composante culturelle

 

      Ce qui différencie l'homme de l'animal, c'est sa culture, cette accumulation progressive du savoir-faire dont la finalité première est la maîtrise de la nature en vue d'assurer la reproduction. Elle concerne quatre éléments essentiels :  l'idéologie ou le mobile, les mentalités, les habitudes et la technique.

 

       1 - L'idéologie : le mobile

 

      L'idéologie est une vision du monde qui implique son devenir, elle détermine, à son tour, le mobile et la finalité de l'action humaine qui varient selon les couches sociales et le système socio-économique. 

      En effet, derrière l'action de l'homme, il y a toujours un mobile qu'il importe de connaître. Ce mobile diffère selon les personnes et leur position sociale. Il peut être simplement l'accumulation, assurer une rente ou garantir la subsistance si bien que l'attitude vis à vis de la technique et du technicien va être différente selon les cas de figure. Le mobile sous-jacent va déterminer les attitudes vis à vis du changement et du nouveau.

 

 

  

      2 - Les habitudes

 

      Elle sont le produit d'une accumulation d'un savoir faire acquis sur le tas et par voie démonstrative répétitive durant une période assez suffisante pour en faire un savoir immuable, difficile à dérégler et à mettre en cause. 

      L'habitude, par l'action irréversible du facteur temps, requiert la force de la nature. N'est-elle pas une "seconde nature" dit-on !. Cette habitude nourrit le conservatisme et rend l'attitude vis à vis du changement différente selon les individus en fonction de plusieurs paramètres comme l'âge, le caractère ou le degré d'instruction...

 

 

      3 - La technique

 

      Elle regroupe l'ensemble des procédés acquis pour assumer la maîtrise de la nature en se fondant même sur ses propres lois. Cette technique reflète, en réalité, le degré de maîtrise de la nature mais de quelle technique s'agit-il ?. En général, on peut distinguer deux techniques : la technique paysanne et la technique de l'ingénieur.

 

      En effet, le paysan aux prise avec la terre, dispose d'un savoir-faire non négligeable qu'on peut voir à travers la richesse des termes et la densité des procédés. Il suffit de voir les termes utilisés pour désigner les types de sols, de vents, le calendrier agricole qui reflète une bonne connaissance du climat, mais aussi les différentes techniques culturales. Ce savoir-faire se trouve tellement ancré dans la vie quotidienne du paysan à un point où il devient difficile de séparer l'activité productive de la vie quotidienne et du rythme de vie du ménage paysan.

 

      C'est cette interférence intime de la vie et de la production qui fait que l'action sur le milieu ne peut se limiter sur sa composante inerte, naturelle seulement. Cette fait qu'en fin de compte, le mode de vie se trouve rythmé par l'activité de production à un point tel qu'un changement aussi modeste soit-il dans la sphère productive s'exprime par de nouveaux comportements sociaux et affectifs : c'est ainsi l'irrigation n'est pas simplement de l'eau dans la parcelle, c'est un nouveau comportement et un style de vie.

 

      Cette technique accumulée durant des siècles et transmise de père en fils par voie de l'apprentissage par le biais du travail précoce du fils, se trouve confrontée à une autre technique, celle de l'école, celle du technicien ce qui n'est pas sans poser de problèmes.

      Le technicien, quant à lui, se veut le détenteur de la vérité et de la rationalité. Cette rationalité, transmise par le système scolaire par le biais de la formation, se veut universelle et unique d'où l'affrontement entre deux types de rationalisés : celle de l'accumulation expérimentale et empirique du paysan et celle de l'accumulation théorique du technicien. Chacun des deux protagonistes croit détenir la vérité, toute la vérité du monde.

 

      Ceci pose la difficulté de la vulgarisation, difficulté qui provient du désir conscient ou non du technicien à se substituer au paysan et du refus de ce dernier de voir son savoir-faire accumulé durant des décennies remis totalement en cause, d'où le blocage total, le message ne passe pas !

 

      Il est certain que rien n'est plus dramatique et difficile que la remise en question de soi, de ses connaissances accumulées qui font désormais partie intégrante de l'être. Ceci est vrai pour l'éleveur ou le paysan mais aussi pour le technicien et le chercheur. Quelle serait la réaction de nos chercheurs ou vulgarisateurs si quelqu'un vient un jour remettre en cause tout leur savoir ?. Le refus certainement. Pourquoi alors persister à prescrire des choses qu'on refuserait pour soi-même ?.Accepter d'être remis en cause n'est pas l'apanage de tout le monde, c'est l'affaire d'une petite minorité, consciente souvent du caractère limité et relatif de son savoir.

 

      Avant d'apprendre au paysan la limite de ses connaissances de son milieu, n'est-il pas plus opportun qu'on apprenne nous-mêmes nos limites et comment apprendre au paysan la manière dont il prend son milieu. Il est temps qu'on comprenne que le processus de connaissance est un processus à double sens et non à sens unique si l'on veut que le message passe et atteint son but.

 

      Nous avons vu que les techniques productives interfèrent avec les autres composantes et modèlent le mode de vie et les comportements, l'on comprend l'impact lointain du moindre changement sur le style de vie. Pour éviter les déchirements potentiels, il faut que les transformations soient assimilées, acceptées et voulues par l'intéressé. Pour cela sa participation active est indispensable au processus d'innovation.

 

      Le sentiment d'appropriation doit être sauvegardé et partout présent, il faut que le paysan sente qu'il a investi une partie de soi, que c'est lui enfin de compte et cette innovation est en définitive une partie de lui même. Sans cela, on ne peut guère aspirer à la réussite de l'opération si modeste soit-elle !. On comprend qu'il est très mal aisé de s'approprier un espace, ou quelque chose organisé par l'autre, un cadre de vie imposé de l'extérieur, peu importe la rationalité qu'il véhicule !. Le sentiment d'appropriation est très important dans tout processus de changement, de lui dépend la réussite ou l'échec !

 

      L'espace est cette étendue concrète qui constitue à la fois le support de l'activité productive et le cadre de vie du groupe social. De ce côté, l'espace constitue la structure de base de la société, il est la structure de reproduction. A ce niveau, il n'est qu'une partie du milieu. Mais de quel espace s'agit-il?.

 

      On peut distinguer l'espace naturel et l'espace humanisé et c'est à ce dernier qu'on se limitera ici. En effet, l'espace naturel est cet espace encore vierge où l'homme n'est pas ou n'a que faiblement intervenu, ce qui fait que l'écosystème est resté intact sans grands bouleversements. Mais ce qui nous intéresse le plus c'est l'espace humanisé, c'est à dire cet espace organisé et aménagé par l'homme qui constitue actuellement la grande partie de nos terres.

 

      Cet espace réunit dans sa matrice initiale, la composante naturelle du milieu sur laquelle l'homme y est intervenu pour organiser son activité et aménager son cadre de vie.

 

      L'espace constitue donc le reflet et l'image du groupe social (sens passif) mais aussi un produit (sens actif). L'espace se trouve façonné à l'image du groupe qui l'occupe et que se projette sur l'espace. Mais ce dernier, ne se réduit guère à une simple image passive dans la mesure où le groupe modèle son espace selon le degré de ses techniques, sa culture, ses besoins et les contraintes du milieu ... Il y a quelque chose de plus que la simple image.

 

      Cette intervention sur l'espace s'est faite progressivement et d'une manière très lente et spontanée par un processus d'accumulation si bien qu'il se trouve chargé d'histoire. Cette charge historico-culturelle se manifeste à travers des formes d'organisation spatiales qui répondent à des processus qui peuvent disparaître, elles forment ainsi des forces d'inertie et de résistance au changement et rendent le processus de restructuration ou de remodelage assez difficile.

 

      Il n'y a qu'à voir la structure tribale ou lignagère de la propriété et de l'exploitation agricole qui demeure vivace alors que les bases de l'organisation ont disparu. Si l'on examine certains terrains, on voit que spatialement la propriété se distribue selon une logique tribale : le terrain est divisé en quartiers selon les aptitudes édaphiques et hydriques et chaque clan détient ses terres selon un schéma dispersé comme réponse aux aléas du climat. Il détient ainsi des terres dans chaque quartier rural. Toute rationalité qui ignore cette réalité se trouve condamnée à l'échec, c'est le cas des aménagements pastoraux à Oglat Merteba ou Zograta au Sud où le projet n'a pas dépassé la zone test.

 

      Cet exemple montre deux faits :

      * La différence entre deux rationalisés spatiales : la première est empirique qui découle d'une réalité sociale et naturelle et exploite au mieux les opportunités offertes par le milieu, l'espace est ici image (de la structure tribale) mais aussi produit : La complémentarité spatiale est une réponse aux aléas climatiques en milieu aride. La seconde est technicienne qui fait fi à la structure foncière d'où l'échec.

      * La résistance qu'offre la structure ancienne au changement, cette structure demeure inscrite dans l'espace alors que la structuration sociale a éclaté.

 

      L'homme est à la fois un produit de son milieu mais aussi un acteur. Cette double réalité rend l'action assez complexe dans la mesure où on agit sur le produit qui devient lui même un acteur et un vecteur de changement.

 

      En effet, l'homme se trouve façonné par son milieu dans ses deux composantes : naturelle et culturelle et si la nature constitue la première donnée, la culture forge la personnalité, véhicule le savoir-faire, façonne les mentalités et génère les habitudes. De ce fait placé devant le même phénomène, le comportement de l'homme va être différent en fonction de son milieu, sa personnalité, sa place dans l'architecture sociale, son caractère....

 

      Le milieu forge ainsi certains traits communs liés à la nature et la culture tout en laissant une marque à l'individu : le caractère, les habitudes, la personnalité et les aspirations... C'est cet individu là qui va être le principal acteur du changement de l'espace et du milieu pour les rendre plus viables et plus cohérents avec ses projets.

 

      Il s'avère ainsi que cette capacité d'action n'est pas la même chez tous les individus et il y a toujours certains, souvent une minorité, qui se trouvent mieux placés pour jouer le rôle de recepteur-émetteur à la fois. De là, l'importance de l'étude du vecteur du changement : l'étude de la structure sociale doit être centrale. Elle vise l'analyse des besoins, des attitudes et des aspirations,  des contraintes, le lien avec l'agriculture et le monde rural et les différents groupes sociaux.

 

      En effet, dans toute action de changement, il y a toujours une strate sociale qui est capable de constituer le vecteur. Aucun changement dans le monde n'est pris en charge par toutes les strates sociales. Pour réussir, on doit définir la couche cible, la plus intéressée par le changement, celle qui a les moyens dispose d'aspirations, prête à faire le projet le sien. Une fois le changement pris en charge, il ne peut que réussir et se généraliser.

 

      Pour garantir les chances de réussite de toute innovation, la seconde tâche, après l'analyse du milieu, consiste à l'étude sociale qui doit déboucher sur le vecteur - cible. L'innovation se propage ensuite par effet de proximité et démonstration mais l'action - force initiale doit être centrée sur la couche sociale intéressée par le projet.

 

      D'autre part, l'analyse du lien avec l'agriculture doit déboucher sur une typologie des groupes sociaux selon leur attitude. Cette dernière va de l'exclusion totale, à une source de revenu d'appoint, à la subsistance voire l'accumulation si bien qu'il faut toujours avoir aussi à l'esprit, le groupe concerné par le projet. En effet, dans chaque terroir ou village on a :

      - Des exclus groupes, sans terre si bien qu'ils se sentent non concernés par le projet.

      - Des groupes dont les moyens les condamnent à la subsistance et ils ne seraient intéressés que dans le cas où l'innovation apporte en plus de la sécurité ou un revenu supplémentaire.

      - Des groupes pour lesquels l'agriculture ou l'élevage n'est une source d'appoint et un revenu secondaire : ce sont les faux - paysans : fonctionnaires, commerçants ou ménages vivant des ressources de l'émigration....

      - Des groupes dotés de gros moyens et visent l'accumulation à une échelle plus large.

      - Des groupes intermédiaires qui disposent de moyens assez suffisants pour en faire de véritables promoteurs du changement et constituent les protagonistes de la modernisation.

      - Des rentiers qui se limitent ou qui aspirent à un revenu fixe et sont peu enclin à innover ou changer, certains résident même en ville...

 

      L'examen de ces liens est central si l'on veut nuancer les mesures et recentrer l'action et garantir la réussite du projet.

 

      Faute d'études sérieuses, certains projets se trouvent condamnés à l'échec. C'est ainsi que pour le projet "Parcours - Sud", près de 95% des dépenses d'études ont été consacrés aux études du milieu physique (sol, écologie, eau, désertification ...) et 5% des frais aux études sociales ?. C'est le paradoxe même ! Résultat: échec. Tout se passe comme la réalité nature est plus complexe que les données sociales alors qu'en réalité c'est l'inverse.

       Ceci provient des prémices écologiques de la démarche suivie : le point de départ était la distorsion croissante entre les ressources naturelles et les besoins (population) voire des techniques irrationnelles d'exploitation des espaces. Tout était alors clair et le remède consiste à des solutions purement techniques visant l'amélioration des espèces fourragères, la mise en défens, la lutte contre l'érosion et la désertification

 

 

      Comment assurer la mise en défens dans une situation de pénurie sans prévoir une solution de rechange ?.  Cette exploitation irrationnelle provient-elle du déséquilibre offre - demande seulement ou est-elle liée à un dérèglement général du comportement ?. En oubliant les données de base : les données sociales, on ne peut que passer à côté.

       Certains projets ont mis l'accent sur l'élevage tandis que des études profondes ont montré par la suite que cette activité ne représentait que 20% des revenus de l'agriculteur. Ce type d'impasse explique l'échec de certains de ces actions.

 

 

Orientations de lecture

 

Dollfus O - 1970 : L'espace géographique. puf. Que sais-je ?.

Isnard H - 1978 : L'espace géographique. Puf. coll Sup.

L'hoome, le milieu et l'espace           PAGE75 

 

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