Lexique Spatial, Géographique & Epistémologique
Dans toute science, le problème des concepts est central. Plus une science dispose d'une terminologie précise et spécifique, plus elle se détache de la connaissance empirique et se distingue des autres disciplines.En outre, chaque discipline utilise un certain nombre de termes et de concepts en commun avec les autres disciplines plus ou moins proches si bien que ces termes ne sont pas des concepts spécifiques mais leur utilisation fréquente ou leur place centrale dans la problématique globale font qu'ils requièrent plus d'intérêt.Par ailleurs, chaque discipline crée, invente et emprunte de nouveaux termes et concepts qu'elle est amenée à utiliser pour exprimer une nouvelle idée ou éclairer un nouveau paradigme.
Sans vouloir élaborer un lexique
général et exhaustif, nous nous limiterons aux termes les plus utilisés dans le
langage géographique sans entrer non plus dans la terminologie spécialisée des
différentes sous-disciplines qui . Nous avons envisagé trois axes dans ce
lexique:
1 - Un lexique des termes spatiaux qui regroupe les principaux termes
spatiaux que le géographe est amené à utiliser couramment.
2 - Un lexique des termes épistémologiques et méthodologiques dont
l'utilisation ne concerne pas seulement le géographe mais a une dimension
globale et générale dans la démarche scientifique.
3 - Un lexique des termes géographiques les plus récents qui ont été
forgés depuis deux décennies seulement.
Nous avons consacré un lexique à
chacun de ces trois axes même si certains paraissent fort incomplets ou très
limités. En effet, nous avons choisi délibérément d'éviter tous les termes
généraux et banalisés maintenant dans la géographie et encore plus dans le
langage courant. Il ne sert à rien de remplir un lexique qui prétend apporter
des solutions à un spécialiste par des termes qu'on trouve plus simplement dans
un dictionnaire classique de Larousse ou Le Robert ou tout autre dictionnaire de
français ?.
En outre, le soucis de spéciation des termes du point de vue géographique,
de définition précise, nuancée et critique mais implicitement a été constant
aussi bien dans le choix des termes que dans leur définition.
Par ailleurs, nous avons insisté probablement sur certains termes beaucoup plus que d'autres dans la mesure où ils sont plus utilisés ou se prêtent le plus à des ambiguïtés. Il est bien entendu qu'on peut s'étendre beaucoup sur des termes comme aménagement, territoire, lieu, ville ou même espace tellement l'ambivalence est à la hauteur de la littérature qui y existe et les nuances sont à la dimension de la fréquence de l'utilisation de tels termes et concepts mais cela nous mènerait trop loin du but assigné à ce lexique et du cadre de ce travail.
LEXIQUE SPATIAL
Il n'est pas dans notre intention
de passer en revue tous les termes géographiques, tâche fort intéressante qui
dépasse le cadre de ce travail. Ce travail nous a révélé le caractère spatial de
la plupart des termes utilisés. Ce qui nous a frappé, c'est que même le langage
quotidien paraît spatialisé dans sa grande majorité. Ainsi des termes comme
chemin, haut, bas, gauche, droit, voie, axe, point, limite, centre, forme, ville
ou littoral sont des termes spatiaux par essence.Nous nous sommes limités ici à
présenter les principaux termes spatiaux en évitant tous les termes spécialisés
des sous branches allant de la géomorphologie à la géopolitique avec un intérêt
plus particulier aux termes de base et aux termes récents qui semblent porteurs
de la problématique géographique actuelle.
Accessibilité
C'est l'ensemble des facilités offertes pour accéder à un lieu donné. C'est la capacité et la facilité d'être atteint (ac-cedere= parvenir). Elle exprime l'état, la structure du réseau de circulation et les conditions de son exploitation. Elle peut être mesurée par le coût, le temps, la connectivité
Agglomération
C'est la réunion et la concentration d'éléments dans l'espace. C'est la réunion d'un certain nombre d'habitations, on parle d'agglomération rurale. L'agglomération urbaine est une ville, elle signifie aussi une agglomération multicommunale avec des banlieues. L'agglomération des activités est à l'origine d'économies : les économies d'agglomération.
Aire
C'est une unité dont l'individualisation s'effectue au niveau du globe. C'est le cas des zones climatiques (tempérée, intertropicale, méditerranéenne...). Elle a une connotation physique. Le terme aire est utilisé pour le même sens et a une connotation plus socio-économique. La superficie est de quelques millions de km2. Le terme zone est utilisé aussi pour signifier une unité administrative (l’aire de Kasserine...), un découpage en unités (l’aire Ouest de Tunis, l’aire centrale...). C'est aussi la zone tributaire d'une ville : aire d'influence, d’une unité de production ou d’un service : aire de marché. Cf. Région, Zone.
Aménagement
C'est la réorganisation de l'espace pour qu'il réponde à certains besoins et objectifs définis comme importants pour le groupe social. C'est une action volontaire et réfléchie d'une collectivité sur son territoire.
Amont
Ce qui est du côté du mont, avant et en haut par rapport à un phénomène donné. C'est l'antécédent du phénomène.
Anisotropie
C'est un espace où la circulation est différencié dans l'espace. C'est le cas de la circulation urbaine motorisée, les conduites, les cours d'eau. Cf Isotrope, Isotropie, Homogène, Homogénéité.
Aréolaire
Ce qui s'exerce sur une surface, correspond à une surface ou a la forme d'une surface: érosion aréolaire, action aréolaire...
Arrière-pays
C'est l'espace situé en arrière d'un port et drainé par lui. C'est l'espace dominé et dépendant d'un centre ou d'une ville. C'est l'aire d'approvisionnement et de desserte d'un port. C'est l'hinterland par opposition au foreland. Cf Avant-pays, Foreland.
Avant-pays
C'est la zone approvisionnée par un port, l'espace situé en avant du port. C'est le Foreland. C'est l'espace fournisseur des importations du port. Cf Arrière-pays, Hinterland.
Aval
Ce qui est situé en bas, vers le val. C'est une position postérieure à une position donnée. Ce qui est en dernière phase d'un processus: les activités d'aval, les industries en aval
Axe
Une ligne autour de laquelle se structure te s'organise un espace donné. C'est un couloir qui canalise la dynamique spatiale. C'est une ligne autour de laquelle tourne, gravite un espace ou un phénomène donné.
Centre/Centralité
C'est le foyer central d'un espace, d'une structure ou d'un système. C'est le foyer de commande d'un système qui organise l'ensemble. Il peut être constitué par un point ou une aire. On parle de centre urbain, centre de service, centre d'affaires. On parle même d'un hyper-centre. Les géographes anglo-saxons parlent de Central Business District et de Core.
Le centre est là où la décision est prise, le pouvoir s'exerce et s'exprime à travers les processus de commandement. C'est là ou se localisent les activités de décision. Les activités centrales sont des activités permettant à un centre d'être un centre, d'exercer ses fonctions d'encadrement et de polarisation.
La théorie des lieux centraux ou des places centrales élaborée par W Christaller et Lösch analyse la manière dont les villes assurent ce rôle.
La centralité est la caractéristique d'être central et de ce qui est au centre ou de ce qui est un centre. Elle est mesurée par un certain nombre d'indicateurs de nature spatiale ou fonctionnelle. Cf Périphérie, Frange, Périphérie, Limite, Frontière..
Chorème
C'est la structure élémentaire de l'espace (R Brunet 1980) représentés par des modèles et s'organisent selon une certaine logique ou grammaire : la chorématique. Cette dernière exprime différentes situations spatiales: symétrie, front, maillage, gravitation et champs.
Chorographie
Ce qui a trait à la représentation des phénomènes étendus. C'est la description géographique.
Chorologie
C'est l'équivalent de chorographie avec une connotation plus noble dans le sens de plus scientifique.
Chorotype
C'est la composition de chorèmes exprimant une structure complexe qui se répète à la surface du globe comme le centre-ville (R Brunet 1987)..
Circuit
C'est un itinéraire en forme de boucle. On parle de circuit commercial ou bancaire.
Chorologie
C'est l'étude descriptive d'une répartition spatiale.
Décentralisation
Processus par lequel un centre laisse une partie de ses pouvoirs et prérogatives à d'autres espaces, relais ou établissements. C'est le transfert d'une partie des pouvoirs au profit des instances de niveau subalterne. C'est le transfert d'activités du centre vers la périphérie.
Déconcentration
C'est le transfert d'activités d'un centre encombré vers des périphéries ou des zones moins encombrées.
Densité/intensité
C'est la charge unitaire de l'espace ou du temps, elle exprime l'intensité d'utilisation et d'occupation de l'espace, le degré d'activité et de puissance d'un phénomène donné exprimant la dynamique des charges.
Distance
C'est l'intervalle qui sépare deus objets ou deux lieux quelconques. C'est la différence qui exprime la distance, exprimée par les dissimilitudes. Une distance est exprimée toujours dans une métrique donnée.
Domaine
Le terme exprime une étendue unie par un certain trait comme le domaine maritime, le domaine alpin, le domaine forestier.... Il exprime aussi une échelle au dessus de la région comme le domaine alpestre, l'Europe Rhénane... La superficie varie de 500 à plusieurs millions de km2. Cf Aire, Région, Zone.
Echelle
C'est le niveau spatial d'analyse.
On peut distinguer au moins quatre l'échelle locale, l'échelle régionale,
l'échelle nationale et l'échelle mondiale. C'est la dimension et le cadre
spatiaux d'analyse d'un phénomène. C'est un cadrage des faits étudiés et leur
mise en perspective qui nous permettent de les voir sous des angles différents
et des distances variables. On peut étudier une ville et sa zone d'influence
immédiate, on étudie cette même ville dans le réseau régional et sa place dans
la région comme on peut éclairer sa fonction à l'échelle de toute l'armature
urbaine du pays.
C'est une ligne divisée en parties égales pour mesurer les distances sur
une carte. C'est une série de divisions sur un instrument de mesure pour
exprimer les distances : une règle, une ordonnée d'un graphique, une échelle
thermométrique.... C'est une métrique de mesure : échelle arithmétique, échelle
logarithmique ou gaussienne... C'est un moyen de mesure, d'évaluation et de
comparaison : échelle de Richter. Elle exprime aussi la hiérarchie : échelle
sociale, gamme musicale... Cf Seuil, Structure, Espace, région, Pays, Zone,
Aire, Géotope, Géofaciès, Géosystème...
Espace
C'est une étendue plus ou moins finie et les objets qu'elle contient. C'est un champ, un domaine, une étendue limitée et superficielle. C'est une portion de la durée, un intervalle de temps (l'espace d'une journée...). L'espacement est la distance qui sépare deux objets donnés; espacement des arbres, des villes. C'est l'action de laisser un intervalle régulier..
Finage
C'est l'espace approprié et exploité par une communauté. C'est l'ensemble des terres exploitées par une communauté donnée. Cf Terroir.
Foyer
C'est un centre actif. C'est le point de divergence ou de convergence de la lumière (foyer de lentille)..
Frange
C'est l'espace situé à la périphérie d'un centre et proche d'une limite ou d'une frontière. C'est aussi une couronne extérieure. C'est l'espace-frontière d'une structure spatiale ou d'un système. Cf Centre, Limite, Périphérie, Frontière...
Frontière
C'est une limite relativement étanche et imperméable qui se résout souvent en une limite linéaire. C'est l'espace qui divise et limite. Elle est située en front, en avant . Cf Limite, Centre, Frange, Périphérie.
Géofaciés
C'est un ensemble physionomiquement homogène comme la quartier rural, un îlot d'immeubles... Il est visible à l'observation. La dimension varie de 1 et plusieurs ha. Il apparaît immédiatement à l'observation du paysage ou de la photographie aérienne. L'échelle est de 5 à 25000° (Cf G Bertrand 1969). Cf Géotope, Géosystème, Pays, Région, Domaine, Zone.
Géosystème
C'est une unité fonctionnelle et compréhensive regroupant les géofaciés qui sont dynamiquement liés. C'est une mosaïque d'éléments génétiquement unis. C'est le cas d'une vallée glaciaire (fond en auge, versants, replats, épaulements et verrous), du quartier urbain ou de la collectivité rurale (village et terroir). L'échelle est de 20 à 50000° (Cf. G Bertrand 1969). Cf Géotope, Géofaciès, Pays, Région, Domaine, Zone.
Géotope
Le plus petit ensemble géographique que l'on détermine sur le terrain . C'est le cas du voisinage immédiat d'une source, un éboulis, un microclimat, une maison, un immeuble, un champ. (Cf. G Bertrand 1969). L'échelle est de 1/1000° et même moins. Cf Géofaciès, Géosystème, Pays, Région, Domaine, Zone
Homogène/Homogénéité
C'est l'état d'un ensemble dont les éléments constitutifs sont répétitifs. C'est le résultat de la répétition d'un certain nombre de formes, d'un jeu de combinaison qui se reproduisent semblables bien que non parfaitement identiques sur une certaine surface. Un espace est homogène est un espace formé par des éléments de même nature. Cf Isotrope, Isotropie, Anisotrope, Hétérogène.
Interaction
C'est l'action réciproque entre deux lieux ou deux acteurs . Elle est le fondement de l'analyse spatiale et systémique. Elle s'exprime par la formule : Iij = K Eia.Ajb.Dijd. avec a, b et d : des exposants, Ei: l'émissivité, Aj: l'attractivité et dij: une fonction distance.
Interface
C'est une ligne, une surface, un espace ou un plan de contact entre deux structures ou systèmes différents et distincts. C'est là où s'effectue l'échange la métamorphose et le processus de transformation. Le littoral, la frontière, le front périurbain, l'interface plaine-montagne, ville-campagne constituent autant d'interfaces féconds.
Isotrope/Isotropie
Un espace isotrope est un espace homogène dans toutes les directions et à tous les niveaux où la circulation est fluide et possible dans toutes les directions. L'espace isotrope a été la base de la plupart des modèles d'économie spatiale et de localisation des activités. Cf anisotrope, Homogène.
Lieu
C'est un point de l'étendue identifiable et singulier. Il permet de localiser les faits et répond à la question "où". Il est souvent nommé et reconnu, on dit lieu-dit (un lieu qui a un nom). Il a des propriétés topiques. Etymologiquement c'est l'endroit où on se pose (Locus, lokhos) . Il est synonyme d'emplacement, de place et d'adresse : lieu de travail, lieu de naissance, lieu saint...
Limite
C'est la frange de passage entre deux structures différentes où les systèmes agissants sont différents. La limite est plus ou moins étendue prenant la forme d'une véritable frange de part et d'autre lorsqu'elle est perméable permettant les échanges. Plus elle étanche, plus l'espace-limite se réduit à une ligne. Etymologiquement, le terme vient de limes (frontière) qui vient de limen (le seuil).
Une limite unit et isole à la fois et c'est ce rôle paradoxal qui doit être mis en relief dans toute étude de limite. Les véritables limites sont la résultante de la combinaison de plusieurs variables, elles correspondent à un seuil à franchir et une discontinuité dans le continiüm des isochèmes et des systèmes.
Une limite correspond à un mode d'utilisation et d'appropriation de l'espace. Elle correspond à une fonctionnalité naturelle ou créée. Elle correspond à la ligne qui marque la fin d'une étendue ou d'un espace. Un espace situé sur les limites est un espace limitrophe.
Les conditions d'émergence, de permanence et de la mobilité des limites doivent être examinées avec intérêt. Cf Frontière, Seuil, Discontinuité, Frange, Périphérie.
Local
Ce qui a trait au lieu. C'est le premier échelon spatial qui touche l'environnement immédiat et le voisinage. C'est ce qui est limité à un espace limité, lié au terroir.
Maille/Maillage
C'est la partition de l'espace qui va de la parcelleà l'Etat. C'est la forme et la taille des unités spatiales. La maille est cet espace délimité, c'est la base du découpage territorial.
Marge/marginalité
C'est la bordure, la limite dotée d'une certaine épaisseur et considérée comme en position de dépendance. On utilise aussi marche.
La marginalité est la position de celui qui en marge du système. La marginalisation est cette mise en marge , à l'écart et en situation de dépendance et de précarité.
Métamorphisme
Par analogie, c'est le processus de transformation spatiale autour d'une ville ou le long d'une frontière.
Milieu
C'est l'alentours du lieu, ce qui lui est extérieur et l'englobe. Le lieu est au milieu du milieu. C'est l'environnement qui enveloppe le lieu. Il se définit par rapport au lieu, un individu ou un élément. Il n'existe pas en soi. Il n'existe pas en soi.
On parle de milieux humides, ici c'est le sens de type d'environnement, un écosystème particulier.
Il est utilisé dans le sens
d'espace. On parle de milieu naturel pour désigner l'ensemble des éléments
naturels présents et associés en un lieu donné et autour de lui. Le milieu
géographique est l'ensemble des données naturelles et culturelles du lieu et de
son environnement.
Mobilité
C'est la facilité de mouvement dans l'espace qui implique le changement du lieu. Elle s'exprime par la migration de toute sorte, les déplacements quotidiens ou résidentiels...
Pays
Etymologiquement contrée rurale (pagus) d'où sont sortis paysan, et paysage. C'est une unité spatiale entre le terroir et la région qui trouve son expression dans le découpage agricole. C'est un espace de vie, de relation qui correspond au territoire tribal, la seigneurie, du Moyen Age. Un espace qu'on traverse à pieds dans la même journée. L'échelle va de 50 à 200.000° et la superficie varie de quelques dizaines à quelques centaines de km2. Il correspond souvent à une unité naturelle homogène, à une entité historique ou à une zone organisée par un centre urbain.
Il signifie aussi patrie, nation et de là Etat dans son entité géographique avec des limites claires et fixes, un pouvoir étatique reconnu, une entité socio-politique individualisée. C'est un territoire, une contrée Cf Géotope, Géosystème, Géofaciès, Région, Domaine, Zone.
Paysage
C'est une vue d'ensemble, ce qu'on voit du pays. C'est l'ensemble des éléments qu'on peut voir d'un seul trait, ce que l'oeil embrasse, le champs visuel. Le paysage est une apparence, une représentation. Le terme a une connotation esthétique.
Le paysage est un arrangement d'objets visibles perçus par un sujet à travers ses filtres, humeurs et fins. Il n'y a de paysage que perçu. Le paysage a été et reste encore une importante catégorie géographique à tel point que la géographie a été définie comme science du paysage. Ce dernier a été considéré comme le point dé départ de la géographie d'où l'importance de la description d'abord et de l'interprétation ensuite. Le paysage est chargé de valeurs (valeur d'usage) et de symboliques d'où l'importance de la sémiotique et de la signification. Très souvent le paysage fut réduit à ses composantes naturelles et à l'espace même (Landschaft). Il est souvent réduit à certaines composantes : paysage agraire, paysage urbain, paysage morphologique... C'est aussi le panorama imaginaire ou recomposé, on parle ainsi de paysage politique dans le sens d'environnement, de paysage artistique ou culturel... Ce sont les composantes du milieu dans un récit ou le décors d'une pièce de théâtre. C'est ce qui évoque l'espace, le cadre de vie, ce qui nous entoure ou plutôt devant nous.
Périmètre
C'est le pourtour d'une forme, le contour d'un élément (parcelle, ville....). C'est aussi l'aire elle-même, on parle ainsi de périmètre irrigué. C'est une zone régie par une réglementation bien particulière, on parle de périmètre foncier, périmètre d'intervention foncière...
Périphérie
Etymologiquement "qui porte autour", c'est un espace situé en dehors du centre, autour de l'espace central et à l'extérieur de ce qui est central. C'est l'espace situé sur le pourtour, elle exprime l'étendue. C'est la partie externe d'un espace, on parle de péricentre, péri-urbain. C'est aussi la partie dominée par un centre ou un espace. Elle exprime la dépendance, le prélèvement, la marginalité. La théorie centres-périphéries tente d'expliquer l'organisation spatiale en thermes de centres et de périphéries (S Amin...). Les deux sens peuvent coïncider ou être très différents , un espace peut être géographiquement central et économiquement périphérique, c'est le cas par exemple du Kairouanais en Tunisie, le Massif Central en France, le Centre des USA. En outre, la périphérie peut avoir des centres qui l'organisent tandis que les centres disposent toujours de périphéries proches. Cf Centre, Limite, Frontière.
Périurbain
C'est tout ce qui est autour de la ville, constitue le front d'urbanisation, la zone de contact avec l'espace rural. Le terme a un sens d'urbanité, c'est la zone d'installation récente. C'est la banlieue au sens large, c'est la zone des navettes, l'espace de la croissance et de l'extension.
Polarisation
C'est l'attraction d'un lieu, d'un centre ou d'un espace instituant une relation dissymétrique en termes d'intensité (la relation est plus forte en direction du centre polarisant ou pôle) et de la nature de la relation. Il y a l'idée de tourner autour, de gravitation et de dépendance. L'organisation spatiale se fonde sur les mécanismes de polarisation : on parle de zone d'influence, de zone d'attraction, d'aire de marché, de région polarisée... La région polarisée est une région structurée par une métropole, elle a un fondement fonctionnel et s'oppose à la région homogène. La notion de polarisation remonte à François Perroux (1955) qui a développé l'idée de pôle, et sa traduction spatiale revient à Boudeville en 1972. Le concept a donné lieu à la théorie du développement polarisé, aux industries industrialisantes, au développement endogène et a été derrière de nombreuses expériences durant les années 1960-1970.
Pôle
C'est un point, un axe de
polarisation et de polarisation. C'est le pôle terrestre autour duquel se fait
la rotation. C'est aussi un point ou un axe du champs magnétique. Il désigne par
analogie le point extrême. C'est le centre d'action autour duquel tout tourne,
gravite, fonctionne et en dépend. On parle de pôle d'attraction, de croissance,
de développement, de régions polarisées.
Un technopôle est une concentration d'industries high-tech entraînantes
avec les universités et les centres de recherches. Cf Polarisation, Région.
Portée
C'est la distance sur laquelle porte un bien , le rayon d'action d'un service ou d'une ville. La portée limite est la distance au delà de laquelle un produit ne peut plus être vendu. Cf Zone d'influence, aire de marché.
Position
C'est l'emplacement d'un objet en rapport avec l'environnement ou un cadre spatial déterminé. Elle exprime la situation en référence à des repères terrestres (longitude, latitude) ou de relation et de circulation. Elle exprime l'emplacement dans une hiérarchie quelconque: urbaine ou industrielle... Le terme est utilisé comme synonyme de situation. Cf Site, Situation.
Proximité
C'est le fait d'être proche. La proxémique est l'étude des proximités et de l'effet de la proximité. Elle exprime l'effet de la distance. On parle de commerce, de centre et d'emploi de proximité ou de voisinage.
Quadrillage
C'est une technique de domination et de maîtrise de l'espace. Elle consiste à diviser l'espace en carrés ou secteurs qu'on contrôle plus facilement. C'est la stratégie et la technique de contrôle spatial et les instruments qui permettent de les assurer.
Quartier
C'est une portion d'un ensemble (ville, terroir...). C'est un tissu urbain regroupant une communauté d'appartenance constituant un espace vécu avec des lieux repères et des lieux centraux. C'est le vécu qui crée le quartier beaucoup plus que la limite administrative ou architecturale. C'est un ensemble de parcelles portant un nom de lieu-dit et présentant des caractéristiques topiques pè. Le terme de quartier rural a été proposé par R Brunet en 1967 pour désigner un espace élémentaire homogène et présentant une même problématique d'aménagement (R Brunet, R Ferras 1993). L'échelle est de 10-40 km2. Cf Région, Pays, Ville.
Redéploiement
C'est la réorganisation et la reconfiguration spatiale d'un système de production ou d'un dispositif quelconque comme l'industrie ou les activités. Il implique deux processus : la restructuration et la relocalisation. Il exprime la redistribution spatiale qui peut être spontané ou réfléchi.
Région
C'est une unité géographique
organisée autour d'une métropole qui commande un réseau urbain. Elle a une
connotation unitaire (naturelle, historique, culturelle...) ou polarisé. La
superficie varie de 5 à 50.000 km2. Le terme région est d'usage ambiguë, il
indique une zone quelconque. Il est utilisé pour espace, zone, étendue ou une
unité administrative, c'est une partie de l'étendue d'un pays: la région
littorale, la région sud. Le terme indique tantôt une zone organisée et
polarisée autour d'une grande ville, c'est la région polarisée; tantôt un espace
d'extension d'un paysage, une unité naturelle ou un espace de charge historique
élevée, c'est la région homogène. Il indique aussi un espace concerné par un
programme ou un plan, c'est la région-plan ou région-programme. La région
forme l'échelon intermédiaire entre l'ordre national et l'échelon local. Sa
taille varie selon les pays. Très souvent la taille doit être garante d'un
certain équilibre. La région est souvent dotée d'une certaine personnalité, d'un
profil donné.
La régionalisation est la méthode, la technique et la politique de
subdivision en régions. Le régionalisme est ce mouvement socio-politique qui
revendique l'autonomie et l'identité régionales. Cf Géotope, Géosystème,
Géofaciès, pays,, Domaine, Zone.
Répartition
C'est l'étude des différences de localisation. C'est la distribution des faits sur l'espace.
Réseau
Un réseau est une infrastructure qui permet de véhiculer les flux assurant les échanges dans un système donné. Cette infrastructure peut être visible ou non, matérielle ou non permettant la dynamique de l'espace. Un réseau est différent du circuit ou de cycle qui se réfèrent aux systèmes naturels dont la configuration est assurée par le système lui-même (circuit de l'eau, de l'oxygène ou du carbone....) qui oriente et guide les flux tandis que le réseau est mis en place par les groupes sociaux: réseaux de transport, réseaux de circulation.... Le réseau est un cheminement linéaire et continu plus ou moins dense et connexe permettant la circulation des flux de la matière, de l'énergie, des hommes, des biens , de l'information... Dans toute étude de réseau, les notions de position, la nature de l'accès et du branchement, la tropie (isotropie et anisotropie) sont centrales.Les réseaux expriment le contrôle territorial et l'organisation spatiale en termes de hiérarchie, structure, centralité, symétrie, inter-dépendance et de fonctions... Cf Fonction, Flux, Itinéraire.
Rupture
C'est une discontinuité dans l'espace, les relations ou le mouvement. La rupture de charge est l'obligation de changer de moyen de déplacement ou de transport. La rupture de stock est l'épuisement d'un produit.
Saupoudrage
C'est l'action de disperser une action sur l'ensemble du territoire de telle manière qui empêche toute synergie liée à la concentration. C'est le cas du saupoudrage des crédits ou des aides.
Schéma
C'est une représentation (forme, figure) simplifiée qui résume l'essentiel de la structure d'une construction ou d'une idée. Le schéma est plus élaboré qu'une esquisse (au sens d'essai très grossier et rapide).
Ségrégation
C'est le processus de différenciation spatiale ou sociale en unités distinctes et différenciées. La ségrégation implique quatre processus : différenciation, rejet, exclusion et agrégation des semblables. La ghetto constitue le terme de la ségrégation socio-spatiale. Ce processus donne souvent une organisation sectorielle.
Semis
C'est une distribution plus ou moins régulière de points sur une aire donnée, le terme vient de semer. On parle de semis urbain, de semis de peuplement.
Seuil
C'est une monticule ou un rétrécissement exprimant le passage entre deux espaces différents. C'est une discontinuité spatiale, une rupture dans la continuité. Un seuil est généralement une dénivellation qui indique une limite entre deux espaces, l'intérieur et l'extérieur, un ensellement, un niveau au delà duquel un processus s'arrête et s'éteint tandis qu'un autre commence et intervient. En réalité, un seuil est aussi un lien entre deux systèmes, deux espaces, c'est un lieu de passage et de contact entre deux processus, structures, espaces ou systèmes.Un seuil est une discontinuité, une rupture, entre deux espaces, deux champs. C'est une limite entre deux structures ou systèmes qui ne sont présentes ou actifs qu'entre des seuils contradictoires d'apparition et d'extinction, de métamorphose, de saturation, de divergence ou de convergence.Un seuil est un changement dans la continuité des formes, des rythmes, de la nature et des directions. L'apparition d'un seuil est fonction de plusieurs variables dont une est souvent déterminante : c'est le cas de l'isoyethe zéro ou 400 mm par exemple, l'amplitude 18°, la température de 11° en hivers qui déterminent les couronnes.Aux seuils relatifs fixes de l'écosystème correspondent des seuils mobiles des systèmes socio-économiques suite aux capacités d'innovation et d'adaptation de l'humanité. Cf. limite, Frontière, Frange, Périphérie, Discontinuité, Continu.
Singulier/Singularité
Le singulier est ce qui se rapporte à un seul, qui sort du commun, qui est exceptionnel, rare, unique. La banalité est cette répétitivité qui confère à l'élément une fréquence élevée, une présence habituelle mais dès qu'on change d'échelle ce qui est banal devient original, typique. Considéré en soi, un élément peut être singulier lorsqu'on se place au niveau de l'individualité, de son unicité mais lorsqu'on prend en compte plusieurs éléments et si on se place à une échelle plus vaste, on peut considérer comme banale cette correspondance tant qu'elle se répète.L'originalité provient de la position relative par rapport à d'autres formes banales ou banalisées. Quand un secteur se distingue par un ou plusieurs traits dans un espace défini par l'association de formes répétitives. La banalisation provient de deux processus : soit la répétitivité, soit la relation biunivoque entre deux éléments : une forme et un espace... La singularité est le caractère de ce qui se rapporte à un seul, qualité de ce qui unique, exceptionnel. Cf. Banal, Banalité, Comparaison.
Site
C'est l'assiette topographique et l'assise physique d'un élément donné. C'est l'emplacement précis d'un élément, d'une ville ou d'une usine. Il exprime aussi les caractéristiques recherchées d'un lieu (position, topographie, paysage, accès...) comme le site touristique ou industriel. Il renvoie plutôt à la relation verticale avec l'espace, il a une portée locale. Cf Situation Position.
Situation
C'est la position d'un élément par rapport aux autres éléments dans un cadre spatial déterminé, aux axes de relation, aux centres de production et de consommation. La situation exprime plutôt les relations horizontales (entre lieux) contrairement au site. Cf Site, Position.
Spatialité
Ce qui a trait à l'espace et au territoire. La spatialité est la dimension spatiale d'un phénomène, d'un fait déterminé: localisation, rapport à l'espace, effet de proximité...
Structure
C'est l'ossature et le mode
d'organisation des éléments. C'est un arrangement matériel observable: on parle
de structure agraire, urbaine... Une structure est la manière dont les parties
sont arrangées entre elles. Une structure est une unité fonctionnelle et
physionomique, localisée dans l'espace qui possède une identité. Elle est régie
et organisée par un système. La structure agricole est régie par le système de
cultures. C'est un ensemble organisé de rapports organiques qu'on
peurencontredans des phénomènes apparemment différents, c'est un modèle de
relations.Pour Lalande, la structure est un ensemble formé d'éléments solidaires
tel que chacun dépend des autres et ne peut être ce qu'il est que dans et par sa
relation avec eux. Il y a structure lorsqu'il y a une articulation donnée entre
les parties d'un ensemble, un agencement réglé. C'est l'ensemble des rapports
reliant les différentes parties. Une structure est un espace homogène par son
aspect, sa genèse ou sa fonction. Une structure est "un ensemble spatial
isochème" (R Brunet) qui a des limites plus ou moins précises. C'est une trame
spatiale (éléments localisés et leurs attributs) assortie par les relations
spatiales.
L'analyse structurale consiste à déterminer les composantes de base de
l'espace, leur articulation d'ensemble, le sens de leurs transformations et les
étapes de leur construction. L'étude structurale a une valeur explicative. Cf.
Système, Processus, Structuralisme, Chorème.
Suburbain
Ce qui proche de l'urbain, appartient à la ville en se situant dans ses espaces externes. Il signifie la banlieue et vient de l'anglais suburbs. I est peu différent de périurbain bien qu'il est plus intérieur, plus continu.
Surface
C'est une étendue mesurable. Ce qui est dessus, superficiel . C'est une figure géométrique à deux dimensions (carré, rectangle...). Cf Aire.
Technopôle
Zone d'activité, parc ou ville où se groupe l'industrie de pointe, la recherche et l'université donnant un effet de synergie, une pépinière d'innovation, c'est un pôle de technologie comme la Silicon Valley, Sophia-Antipolos...
Terrain
C'est un morceau de terre, une parcelle nue, une étendue de terre dans sa forme et sa constitution (terrain argileux, terrain accidenté...). C'est l'étendue en général : étude de terrain. C'est aussi le concret, l'empirie: vérité de terrain...
Territoire
C'est l'espace approprié, plus ou moins délimité, organisé et maîtrisé. Son étendue va du pays jusqu'au quartier et à la parcelle. Le terme a une dimension juridique, affective, socio-culturelle. C'est un espace vécu, ressenti et pressenti. Il est générateur d'identité. La notion de pouvoir est au centre de la territorialité, ce pouvoir instaure et fonde et légitime l'appropriation. Le territoire est une projection sur l'espace, il fonde le sentiment d'appartenance et d'identité.
Terroir
C'est un lieu défini par ses caractéristiques particulières (pente, exposition, sol...) : vin du terroir. Il signifie la campagne en général . On l'emploi parfois dans le sens de finage (R Brunet et R Ferras, 1993).
Tiers-Monde
Terme forgé par Alfred Sauvy en référence au Tiers-Etat de l'Ancien Régime à un moment où il y avait trois blocs. maintenant qu'il n'existe plus que deux après la chute des murs, le terme apparaît comme dépassé.
Topographie
C'est la situation et la description des formes de terrain: altitude, pente, configurations, formes.
Topologie
C'est la science des structures spatiales. Elle constitue une mathématique des espaces concrets. Elle permet d'analyser les relations spatiales de connectivité, de flux. La théorie des graphes constitue une méthode d'étude des réseaux.
Toponymie
C'est l'étude de l'origine des noms de lieux.
Trajectoire
C'est le déplacement représenté dans toutes ses dimensions. C'est l'itinéraire suivi par un point ou un corps dans l'espace avec ses différentes caractéristiques. C'est la ligne de désir reliant les lieux d'origine et de destination d'un phénomène en mouvement.
Treuillis
C'est un réseau à trois grandes directions comme est le cas du pavage des lieux centraux. C'est l'ensemble des réseaux de circulation.
Uniforme
Propriété de celui qui n'a qu'une seule forme. Un espace est uniforme est un espace dont les éléments constitutifs sont identiques et prennent une seule forme, une forme unie.
Zone
C'est une unité dont l'individualisation s'effectue au niveau du globe. C'est le cas des zones climatiques (tempérée, intertropicale, méditerranéenne...). Elle a une connotation physique. Le terme aire est utilisé pour le même sens et a une connotation plus socio-économique. La superficie est de quelques millions de km2. Le terme zone est utilisé aussi pour signifier une unité administrative (la zone de Kasserine...) , un découpage en unités (la zone Ouest de Tunis, le zone centrale...).
Le zonage est cette division en unités fonctionnelles ou zones en matière d'aménagement et d'urbanisme sous l'effet de l'école fonctionnaliste. Cf. Aire, Région, Géotope, Géosystème, Pays, Région, Domaine.
.
Lexique Epistémologique et méthodologique
Chaque discipline utilise un certain nombre de termes et de concepts spécifiques et qui lui sont réservés. Elle utilise aussi couramment, en commun avec les autres disciplines plus ou moins proches, un certain nombre de concepts généraux qui relèvent de la démarche et de l'approche scientifique en général. L'intérêt de ces concepts épistémologiques et méthodologiques provient du fait qu'ils déterminent la problématique, orientent les approches, fixent les méthodes utilisée et surdéterminent les résultats et la spécificité de chaque école.Il s'agit ici, de présenter les concepts épistémologiques les plus importants et les plus utilisés aussi en géographie sans prétendre à l'exhaustivité ni faire l'inventaire de tous les concepts épistémologiques en évitant tous les termes qui sont d'ordre général .
Analyse
C'est une démarche qui consiste à dé-composer un fait en ses différents composants et ses principaux constituants. C'est une méthode qui va du composé au simple. C'est l'opposé de synthèse. C'est un procédé d'étude et de connaissance d'un phénomène donné: analyse synchronique, analyse diachronique... Cf Synthèse.
Approche
Mouvement qui permet de rendre quelque chose plus proche. C'est un angle d'attaque permettant de clarifier une idée et d'étudier un phénomène. C'est l'espace situé en arrière d'un port et drainé par lui. C'est l'espace dominé et dépendant d'un centre ou d'une ville. C'est l'aire d'approvisionnement et de desserte d'un port. C'est l'hinterland par opposition au foreland. Cf Avant-pays, Foreland.
Axiome
C'est une proposition posée et indémontrable placée en tête d'une théorie non déductive. C'est un principe non discuté, considéré comme vrai et qu'il faut accepter pour aller plus loin. C'est une prémisse considérée comme évidente et indémontrable. C'est un postulat général. L'axiome chorologique de G Nicolas-Obadia par exemple stipule que "est géographique tout objet qui différencie la surface terrestre". L'axiomatique est l'ensemble des principes posés au début d'une recherche déductive. Cf Loi, Théorie.
Banal/Banalité
La banalité est cette répétitivité qui confère à l'élément une fréquence élevée, une présence habituelle mais dès qu'on change d'échelle ce qui est banal devient original, typique. Considéré en soi, un élément peut être singulier lorsqu'on se place au niveau de l'individualité, de son unicité mais lorsqu'on prend en compte plusieurs éléments et si on se place à une échelle plus vaste, on peut considérer comme banale cette correspondance tant qu'elle se répète. L'originalité provient de la position relative par rapport à d'autres formes banales ou banalisées. Quand un secteur se distingue par un ou plusieurs traits dans un espace défini par l'association de formes répétitives. La banalisation provient de deux processus : soit la répétitivité, soit la relation biunivoque entre deux éléments : une forme et un espace... Cf Singulier, singularité, comparaison.
Béhaviorisme
Ensemble de doctrines qui mettent au centre le comportement (Behavior) dans l'organisation de l'espace. Il donne plus d'importance au vécu et au perçu, aux mécanismes d'apprentissage de l'espace. Il tient compte de la partie irrationnelle de l'être humain pour expliquer le comportement et l'organisation de l'espace.
Chorème
C'est la structure élémentaire de l'espace (R Brunet 1980) représentés par des modèles et s'organisent selon une certaine logique ou grammaire : la chorématique. Cette dernière exprime différentes situations spatiales: symétrie, front, maillage, gravitation et champs.
Chorographie
Ce qui a trait à la représentation des phénomènes étendus. C'est la description géographique.
Chorologie
C'est l'étude descriptive d'une répartition spatiale. C'est l'équivalent de chorographie avec une connotation plus noble dans le sens de plus scientifique.
Chorotype
C'est la composition de chorèmes exprimant une structure complexe qui se répète à la surface du globe comme le centre-ville (R Brunet 1987).
Classement
C'est la méthode l'action qui consiste à classer les objets, les faits ou les individus; de les ranger en classes, catégories distinctes. C'est l'état de ce qui est classé et l'action de classer ou de classifier. C'est mette les faits en catégories ordinales selon l'importance, la taille, le poids, la note... Cf. Classification, Taxinomie, Typologie..
Classification
C'est la méthode qui permet de procéder à une distribution systématique en diverses catégories. Cf. Classement, Taxinomie, Typologie..
Comparaison
L'étude des faits ne prend son intérêt que par comparaison qui nous renseigne sur les similitudes et les singularités d'un côté et les ressemblances de l'autre. L'originalité n'apparaît qu'au travers des comparaisons. "A ne voir que la différence des systèmes, on respecte leur singularité, mais si celle-ci est sauvée, l'intelligibilité est perdue car la pensée se trouve en face d'une diversité opaque à toute comparaison, de réalités radicalement hétérogènes. A ne voir au contraire que les ressemblances, l'intelligibilité est sauvée mais la singularité est perdue dans une totalité homogène où l'on ne découvre plus que des nuances légères " (Godelier).
L'étude comparative n'est pas une étude des similitudes. Elle se fonde au départ sur les ressemblances formelles, structurelles ou fonctionnelles pour dégager la différence ou l'inverse, elle s'appuie sur une situation de départ différente pour montrer une ressemblance des résultats (formes, fonctions, structures....). Cf. Différent, Différence, Singulier, Singularité.
Concept
C'est une représentation mentale abstraite, elle constitue une définition opérationnelle d'origine théorique qui prend son sens dans le cadre d'une problématique. C'est une reconstitution analytique du monde. Le concept sert à définir les construits qui gardent un contenu empirique. Cf Théorie, Axiome
Continu/Continuité
Un mouvement est rarement continu, il est constitué de pulsations discontinues observées à une échelle de temps différente. La continuité n'est que la sommation de mouvements saccadés discontinus. Les ruptures qui se manifestent à des moments limités sont préparées sur de longues dates. Elles sont le résultat d'une lente évolution peu perceptible, c'est le cas d'une faille, d'un tremblement de terre, d'une émeute... Les moments de rupture sont très courts. Sur un autre plan, un mouvement discontinu peut paraître comme une continuité si on se place sur une autre échelle de temps et d'espace. Le passage de l'un à l'autre n'est qu'un problème d'échelle . Cf Discontinu, Discontinuité.
Démarche
C'est la manière de marcher, d'approcher une question ou un phénomène donné. C'est l'angle d'analyse et d'éclairage d'un problème. C'est une approche de la question.
Déterminisme
C'est un courant de pensée qui fait que chaque fait est le résultat d'une cause qui le détermine selon u schéma linéaire de cause à effet. C'est une situation où un facteur devient très déterminant et principal. Ce courant a fortement marque la géographie et à puisé ses fondements dans la nature ou l'histoire. Il y a déterminisme lorsqu'une situation dépend d'une situation antérieure. Il y a là, l'idée que tout dépend du passé ce qui a institué le déterminisme historique. Il est synonyme de causalité, la réunion des mêmes causes produit les mêmes effets. C'est aussi le rôle déterminant d'un facteur donné comme les données de la nature en géographie donnant lieu au déterminisme naturel. Tout est ramené au cadre naturel et aux contraintes du milieu. Le courant naturaliste du XIXème a fortement marquée cette pensée et fait que le milieu dicte ses règles. Il n'y a aucune autonomie du sujet !. Le déterminisme peut être naturel, historique, économique, politique, culturel et idéologique, voire géographique ("la politique des Etats est dans leur géographie" Napoléon) et scientifique. Il y est dès qu'un seul facteur devient déterminant dans les faits ou dans l'approche. Il représente une pensée totalisante voire totalitaire même. Le déterminisme, même s'il est de plus en plus délaissé subsiste dans la pratique courante sous une forme parfois inconsciente. C'est le cas des études régionales où on commence par l'analyse du milieu laissant entendre le rôle surdéterminant des données physiques. Le déterminisme est idéologique dans la mesure où il permet de justifier une situation donnée ou un statut quo déterminé, condamner des espaces à des devenirs incontournables: c'est le cas de la géographie tropicaliste ou tiers-mondiste.
Dichotomie
C'est la caractéristique d'un phénomène qui se balance entre deux états dichotomiques et contradictoires ou différents. Cet état concerne la plupart des phénomènes, des états et des processus... "Les objets qui n'excitent pas la réflexion sont ceux qui ne produisent pas à la fois deux impressions opposées" (Platon). Tout est contradiction, cette contradiction est dans la nature même des choses et des phénomènes. Chaque fait porte en lui une dichotomie potentielle et réelle dont un des aspects seulement attire et retient notre attention et notre intérêt. Il suffit souvent de creuser un petit peu pour découvrir l'autre face de la réalité.
Différence/Différent
L'étude des faits ne prend son intérêt que par comparaison qui nous renseigne sur les similitudes et les singularités d'un côté et les ressemblances de l'autre. L'originalité n'apparaît qu'au travers des comparaisons. "A ne voir que la différence des systèmes, on respecte leur singularité, mais si celle-ci est sauvée, l'intelligibilité est perdue car la pensée se trouve en face d'une diversité opaque à toute comparaison, de réalités radicalement hétérogènes. A ne voir au contraire que les ressemblances, l'intelligibilité est sauvée mais la singularité est perdue dans une totalité homogène où l'on ne découvre plus que des nuances légères " (Godelier).
L'étude comparative n'est pas une étude des similitudes. Elle se fonde au départ sur les ressemblances formelles, structurelles ou fonctionnelles pour dégager la différence ou l'inverse, elle s'appuie sur une situation de départ différente pour montrer une ressemblance des résultats (formes, fonctions, structures....).
La différenciation est la distinction des différences, c'est aussi l'étude de la différence entre deux faits ou deux espaces. C'est aussi l'analyse du processus de la différenciation: spéciation, apparition de la différence et son évolution jusqu'à l'individualisation.
Cf Comparaison, Singulier, Banal.
Discontinu/Discontinuité
Un mouvement est rarement continu, il est constitué de pulsations discontinues observées à une échelle de temps différente. La continuité n'est que la sommation de mouvements saccadés discontinus. Les ruptures qui se manifestent à des moments limités sont préparées sur de longues dates. Elles sont le résultat d'une lente évolution peu perceptible, c'est le cas d'une faille, d'un tremblement de terre, d'une émeute... Les moments de rupture sont très courts. Sur un autre plan, un mouvement discontinu peut paraître comme une continuité si on se place sur une autre échelle de temps et d'espace. Le passage de l'un à l'autre n'est qu'un problème d'échelle . On peut distinguer selon R Brunet et R Ferras quatre types de discontinuités : 1 - les discontinuités d'appropriation (maillage, parcelle). 2 - Les discontinuités de fonctionnement spatial (gravitation avec des champs concentriques). 3 - Les discontinuités de contact et d'interface (littoral, piémont,). 4 - Les limites spatiales (pays, région...)..
Cf. Continu, Continuité..
Dualité/dualisme
C'est la présence de deux sous-systèmes, parties, circuits, couches sociales ou espaces différents voire opposés qui président ensemble au fonctionnement de l'ensemble en se juxtaposant (sans grand échange) ou en rapport dialectique l'un avec l'autre (complémentaires et contradictoires à la fois ce qui les rend en conflit permanent tout en étant inséparables). Les deux circuits de l'économie urbaine éclairés par M Santos, l'informalité et son développement sont autant d'exemples de la dualité.
Dynamique
C'est l'étude des faits dans leur mouvement au même titre que les forces qui régit ce mouvement, les interactions qui s'opèrent et les effets qui en résultent. C'est le changement résultant d'un jeu de forces. C'est l'analyse des phénomènes dans le temps et la durée en tant que processus, une succession d'états inter-reliés et non seulement une étude de coupes différentes prises à des dates différentes.
La dynamique spatiale ou
territoriale est l'étude des changements spatiaux et des forces sous-jacentes,
de leurs processus et de leur logique, de leur interaction et de leur résultat.
La dynamique s'exprime à travers l'analyse diachronique, les variogrammes,
des concepts dynamiques comme fusion, fission, diffusion, expansion,
contraction, front, relocalisation, redéploiement
Ecologisme
C'est un courant de pensée naturaliste qui fait de la géographie une sorte d'écologie humaine, l'analyse des effets du milieu sur l'homme. C'est une forme de naturalisme. Plus récemment, c'est une attitude qui s'oppose à toute action visant à modifier l'environnement donnant lieu à des mouvements socio-politiques revendicatifs comme les verts ou les écologistes (les écolo).
Empirie/Empirisme
C'est une doctrine qui ne prend comme connaissance que ce qui s'appuie sur l'expérience et non sur une théorie. Elle s'appuie sur la répétitivité des faits et l'observation du terrain qui constitue la source et l'objectif de la connaissance. A travers la comparaison et la répétitivité, on arrive à tirer des conclusions (empiriques) générales. C'est ce qu'on ne peut vérifier. Cf. Induction, Déduction.
Epistémologie
C'est la science et la réflexion sur la naissance, le développement d'une discipline, les écoles de pensée et les doctrines de connaissance, les méthodes, les problématiques et les paradigmes utilisés à une période donnée. Elle permet de ramener chaque type de pensée à une école donnée, de savoir et de re-situer les emprunts des autres disciplines.
Fonction
La fonction est le rôle assuré par
un élément, un individu, une unité ou un lieu dans un cadre spatial donné. Elle
s'exprime et se mesure par les relations externes qu'entretient cet élément vis
à vis des autres qui se matérialisent par les flux. La fonction est inhérente à
l'échelle spatiale considérée et ne peut être définie qu'en fonction d'un cadre
spatial précis. Une ville peut paraître avoir une fonction industrielle au
niveau local mais considérée à une échelle plus vaste régionale ou nationale,
elle peut paraître une ville sous-industrialisée même ?. Les fonctions naissent
de relations causales ou des interrelations. La notion de fonction recouvre la
notion de finalité. Ainsi, la fonction d'une ville peut être ici interne:
assurer la résidence, les services et les loisirs à sa population. Sa fonction
vis à vis des autres villes ou villages, ou l'espace rural, c'est le rôle
qu'elle joue envers ces éléments : c'est la fonction externe.
On distingue souvent quatre types de fonctions: les fonctions de
production, les fonctions de transformation, les fonctions d'échange et les
fonctions d'innovation et de création.. On distingue aussi les fonctions
contingentes liées aux agents naturels qui n'ont aucune prise et qui expriment
un peu la finalité, les fonctions d'accomplissement liés aux agents
socio-économiques qui sont assorties de finalités.
L'organisation spatiale est l'analyse des espaces fonctionnels et de leur
interférence, de leurs limites, de leurs marges et de leurs noyaux... C'est
l'étude de l'espace fonctionnalisé puisqu'il n'y a d'organisation que par la
fonctionnalisation. L'espace qui n'a pas de fonction ne peut être organisé et
structuré. Un espace organisé est un espace différencié par les fonctions. Cf
Fonctionnalisme, Zonage.
Fonctionnalisme
C'est une doctrine qui privilégie le fonctionnement et son efficacité ou sa finalité. Chaque élément a une fonction déterminée à jouer dans l'ensemble. Ainsi la fonction explique la forme tandis que la forme justifie la fonction assumée par un élément, une composante ou tout un système. Ce courant a eu une grande influence en géographie à travers la relation entre la fonction et la situation des villes par exemple où à chaque fonction correspond un certain type de position ou de situation. Le fonctionnalisme a été très déterminant dans la pensée urbanistique et de l'aménagement où la fonction détermine inéluctablement la forme, la localisation, la dimension et le fonctionnement.
Hiérarchie
C'est l'ordre et la subordination des rangs, des individus, des objets, catégories, espaces et des pouvoirs. Toute organisation est inéluctablement hiérarchique. C'est le classement selon un certain ordre emboîté de subordination-contenance ou ordre hiérarchique. C'est le classement à l'intérieur d'un groupe ou d'un ensemble. On parle ainsi de la hiérarchie des échelles (local, régional, national, mondial), la hiérarchie urbaine (Capitale, métropole régionale, centre régional, centre local, ville), la hiérarchie des fonctions (activités centrale, anomale, banale, basique, induite...).
Humaniste/Humanistique
C'est un courant sensible aux lieux, aux attitudes et aux croyances qui leur sont attachée développé depuis 1970 en USA en réaction au courant positiviste. Il met au centre les représentations et les sensibilités et permet d'analyser les comportements. On utilise souvent le terme d'humaniste.
Hypothèse
C'est une proposition, une
supposition formulée en vue de la vérifier par l'expérimentation ou le terrain
qui peuvent la confirmer ou l'infirmer. C'est une loi potentielle qui demande à
être testée. Une hypothèse découle souvent d'un problème posé ou constaté et a
pour objectif de le résoudre.
La formulation des hypothèses est le fondement de la méthode
hypothético-déductive qui se base sur l'expérimentation, le test, le
raisonnement et la déduction. Ces hypothèses doivent être explicites pour
qu'elles puissent être testées, mesurées et vérifiées. Cf Loi, Test.
Idéologie
C'est une doctrine voilée (souvent) ou déclarée qui exprime et justifie un statut et une vision du monde, un devenir et une stratégie pour l'atteindre. C'est un système d'idées constituant une doctrine préconisant un idéal à réaliser, une idée (non réalisée) en devenir ou justifiant même un ordre donné, un statut déterminé d'un individu, d'une couche ou classe sociale ou même d'un pays... Tout discours est forcément idéologique et la science, lorsque son discours n'est pas suffisamment explicité, devient une idéologie ?. Cf. Science.
Idiographie/Idiographique
C'est ce qui relève du particulier, du singulier, de l'unique et de l'individuel. La géographie a été longtemps considérée comme science idiographique à la recherche du particulier et de l'unique donc incapable de conduire à des lois ?. L'idéogramme est le signe qui exprime l'idée d'un mot et l'idéographie est la représentation des idées dans l'écriture par des signes figurant les objets . Ainsi on obtient une mosaïque de signes ou de cas dont chacun représente un objet unique d'où provient l'idiographie. Cf Nomothétie, Nomothétique.
Induction
De ducere=amener, c'est une procédure de raisonnement qui formule des propositions globales, des généralisations et des conclusions à partir d'un certain nombre d'observations répétitives en passant par inférence du cas au général. Cf Déduction, Empirie, Hypothèse, Loi
.Loi
C'est une relation précise qui lie deux (ou plusieurs) phénomènes, valeurs ou éléments entre eux de manière à nous permettre de déterminer l'un en connaissant l'autre. C'est la règle de fonctionnement qui fixe les inter-relations et les liens (linéaires onon) d'intedes éléments (action et/ou rétroaction). Une loi se fonde sur l'expérimentation (nécessaire) et la vérification (indispensable). Une loi est une hypothèse vérifiée et confirmée. Cf. Hypothèse, Théorie.
Méthode
C'est la marche raisonnée et rationnelle qui permet d'approcher la vérité, de connaître la réalité ou d'arriver à un but. Cf. Méthodologie, Approche, Démarche.
Méthodologie
C'est un ensemble cohérent de démarches, de méthodes et d'outils permettant de solutionner un problème, répondre à une problématique, vérifier une hypothèse, connaître la vérité ou analyser la réalité. Cf. Méthodologie, Approche, Démarche.
Modèle/Modélisation
C'est une miniature d'un objet,
une image représentative d'un fait, un prototype représentatif des autres qui
lui sont semblables, on parle ici d'échantillon. C'est un objet que l'on
reproduit par imitation. C'est une représentation préalable miniaturisée d'un
objet, un espace: le modèle de la ville arabe. C'est le schéma à suivre ou
suivi: le modèle de développement. C'est aussi une catégorie ou une classe qui
nous permettent de classifier les faits : modèle traditionnel, modèle moderne...
Par analogie au modèle des artistes, c'est tout ce qu'on imite : le modèle
occidental de consommation . C'est une représentation matérielle d'une théorie
ou d'une idée comme le modèle de gravitation.
La modélisation est la méthode et la science d'élaboration des modèles.
Elle consiste à élaborer des schémas qui représentent l'organisation, le
fonctionnement ou l'évolution d'un phénomène donné.La modélisation peur être
mentale, verbale, statistique, mathématique, informatique ou spatiale. Cf. Loi,
Théorie
Naturalisme
C'est une doctrine qui fait de la nature un surdéterminant de toutes les formes d'organisation spatiale. Tout est expliqué et justifié par les données naturelles et physiques : relief, climat, sol, végétation, hydrologie... Ce naturalisme a été très marquant en géographie au cours du XIX ème siècle (siècle de la nature) et au début du XX ème siècle et a donné lieu au déterminisme (naturel) qui domine jusqu'à nos jours dans le discours géographique.
Nomothétie/Nomothétique
C'est l'analyse du général et de ce qui est commun aux éléments, aux faits ou aux espaces. C'est la démarche opposée de l'idiographie qui s'intéresse aux particularités et aux spécificités.
Objectivité
C'est le fait d'être objectif, de se rapprocher de l'objet et d'être impartial. C'est la qualité de ne pas tenir compte des subjectivités et de ce qui touche au sujet et à la personne. Ce qui existe hors de l'esprit et du sujet, sans parti pris, impartial. C'est la démarche qui consiste à connaître l'objet en soi, en filtrant tout ce qui peut être subjectif, partiel ou partial. C'est le fait de considérer l'objet en soi. C'est aussi la recherche d'un consensus global communément reconnu en filtrant les subjectivités. L'objectivité serait cette inter-subjectivité. La science se veut objective bien que des courants de pensée se sont développés en réaction à cet excès comme le béhaviorisme, la phénomènologie. Cf. subjectivité, Science, Béhaviorisme.
Organisation
C'est la structure spatiale d'un corps, d'un espace ou d'un phénomène donné. C'est la disposition et l'articulation spatiale et hiérarchique d'un ensemble. L'idée de disposition spatiale en vue du fonctionnement est sous-jacente. Il y a derrière l'idée de finalité (consciente ou non). Cf. Structure, Système.
Paradigme
C'est un modèle explicatif qui fonctionne et permettant l'appropriation d'un courant scientifique. C'est l'ensemble des problématiques et des méthodes mises en oeuvre à un moment donné par une science. C'est un groupe de questions fondamentales ou dominantes dans une science.
Positivisme
C'est un courant de pensée qui considère que la seule vraie connaissance (objectivité) et action (positive) est celle qui découle de la science, de nature physico-chimique en particulier. Son père est Auguste Comte, il se fonde sur le rationalisme, l'expérimentation, la déduction .
Possibilisme
Courant attribué à Vidal de la Blache par Lucien Fevre qui croit à la marge de liberté laissée par la nature à l'homme : "La nature propose et l'homme dispose". La nature offre des possibilités dont choisit l'homme certaines en fonction de plusieurs facteurs (état des techniques, culture,...).
Problématique
C'est le référentiel préalable à l'analyse, qui constitue le fil directeur de la pensée et assure l'intelligibilité des résultats. Elle peut être explicite ou implicite . La problématique est le fil directeur de la recherche, l'idée maîtresse qui oriente et guide l'investigation, définit les objectifs et les étapes. La problématique trace le schéma global de la recherche, sa structure et le trajectoire à suivre. Elle fixe le cheminement du travail tout en déterminant la cadre, l'optique de recherche, l'approche du problème. Elle représente la philosophie de la recherche. La problématique est, en réalité, un nombre réduit d'idées, d'axes ou de problèmes reliés dialectiquement selon un schéma interactif. Elle est loin d'être une collection d'idées ou d'axes mis les uns à côté des autres. Ces idées se trouvent souvent articulées selon un schéma emboîté décelant plusieurs niveaux d'analyse dont l'un nous ramène à l'autre. C'est le cas par exemple du niveau local qui nous ramène à l'échelle régionale. La problématique est une relation circulaire entre un nombre réduit d'idées-forces qui se ramènent souvent à trois ou quatre quelque soit le sujet de recherche et le champ d'étude. Cette relation circulaire est complexe, de type interactif et dialectique, la solution de l'un débouche à un nouveau problème.
La définition de la problématique
est fondamentale, elle détermine la méthodologie, les termes et les concepts
utilisés et les tests effectués, définit les paradigmes suivis et les approches
choisies.
Dans le sens général, problématique veut dire douteux tandis que problème
signifie "une question à résoudre par des procédés scientifiques... Ce qui est
difficile à expliquer (Larousse). C'est une construction cohérente d'un
dispositif de recherche à partir de problèmes clairement posés (R Brunet et R
Ferras 1993).
Cf Problème, Hypothèse, Paradigme.
Processus
Un processus est uns suite de faits et d'opérations qui s'inscrivent dans le temps et qui présentent une certaine unité et une certaine logique (du latin pro-cedere : aller devant) et se reproduisent avec une certaine régularité. Les processus sont générés par les agents qui sont actifs. C'est le cas du processus de l'érosion qui est une suite d'abrasion, de transport et d'accumulation, de ruissellement, de gélifraction, de déflation, de désagrégation et d'altération qui sont le fait d'agents climatiques comme la pluie, le gel, le vent, la température... On peut citer les processus de mise en valeur, le processus de peuplement, le processus de développement ou d'industrialisation.
Le terme processus signifie marche (aller devant), il incorpore le temps. La signification oscille entre l'analyse de la genèse et la description historique d'un côté et la logique opératoire du système conduisant à la modélisation de l'autre. Cf Système, Seuil, Discontinuité.
Proxémitique
La proxémique est l'étude des proximités et de l'effet de la proximité. Elle exprime l'effet de la distance. On parle de commerce, de centre et d'emploi de proximité ou de voisinage. Cf. Proximité.
Radicalisme
C'est un courant qui se fonde sur la critique de l'ordre existant et du statut quo. C'est la démarche qui consiste à mettre en question l'ordre établi, les faits et essaie de dévoiler les stratégies sous-jacentes qui ont été derrière, déceler les intérêts qui ont présidé à leur génération ou à leur mise en place. Ce courant est venu comme une réaction au courant néo-positiviste et spatialiste qui privilégie le comment des choses et non le pourquoi. C'est le courant critique de la Géographie. Cf. Positivisme, Béhaviorisme, Comportementalisme.
Raisonnement
C'est la faculté et le procédé de raisonner, d'utiliser la raison, cette faculté de connaître de juger les en utilisant des arguments convaincants (qui s'imposent comme évidents et indiscutables). C'est le processus de génération des idées par déduction successive en utilisant la raison et l'argumentation permettant de tirer une conclusion ou de trouver une solution à un problème. C'est l'approche privilégiée de la science et de la démarche déductive. Cf. Rationalisme, Science, Déduction.
Rationalisme
C'est une doctrine qui entend tout explique sur la base de la raison. C'est un courant qui prend l'homme comme un être rationnel dans son comportement spatial (ou social et économique) et de là cherche à trouve le fondement logique et rationnel de la pratique spatiale qui se fonde et est conforme à la raison et découle ainsi du raisonnement. La plupart des modèles spatiaux utilisés se fondent sur une rationalité du comportement de l'homme: c'est le cas par exemple lorsqu'on suppose comme une vérité que l'homme cherche toujours à maximiser le profit et réduire l'énergie dépensée, à fréquenter les centres les plus proches et les plus importants... Cf. Raisonnement.
Rupture
C'est une discontinuité dans l'espace, les relations ou le mouvement. La rupture de charge est l'obligation de changer de moyen de déplacement ou de transport. La rupture de stock est l'épuisement d'un produit.
Schéma/Schème
C'est une représentation (forme, figure) simplifiée qui résume l'essentiel de la structure d'une construction, d'un mécanisme, d'une idée ou d'une organisation. Le schéma est plus élaboré qu'une esquisse (au sens d'essai très grossier et rapide).
Science
C'est une connaissance exacte des faits, c'est l'ensemble des connaissances fondées sur l'étude et l'analyse d'un phénomène donné, relatives à un objet ou un champs déterminé : sciences naturelles, sciences humaines, sciences sociales... Une science est un processus de connaissance qui se fonde sur des méthodes précises, un langage déterminé, l'expérimentation, le raisonnement et la déduction, la vérification. Elle a pour objet de dégager des relations et des lois générales permettant de connaître le monde réel et le maîtrise. La science cherche à expliquer le comment des choses sous forme de lois de fonctionnement, de conditions de contingence , de liens de causalité... Une science se définit par le type de la question posée au monde réel, le champs d'étude, la méthode et le système conceptuel utilisés. Le scientisme est une idéologie qui croit qu'il n'y a de vérité que dans la science positive. Cf Idéologie, Loi, Déduction.
Seuil
Un seuil est généralement une
dénivellation qui indique une limite entre deux espaces, l'intérieur et
l'extérieur, un ensellement, un niveau au delà duquel un processus s'arrête et
s'éteint tandis qu'un autre commence et intervient. En réalité, un seuil est
aussi un lien entre deux systèmes, deux espaces, c'est un lieu de passage et de
contact entre deux processus, structures, espaces ou systèmes. Un seuil est une
discontinuité, une rupture, entre deux espaces, deux champs. C'est une limite
entre deux structures ou systèmes qui ne sont présentes ou actifs qu'entre des
seuils contradictoires d'apparition et d'extinction, de métamorphose, de
saturation, de divergence ou de convergence. Un seuil est un changement dans la
continuité des formes, des rythmes, de la nature et des directions. L'apparition
d'un seuil est fonction de plusieurs variables dont une est souvent déterminante
: c'est le cas de l'isoyethe zéro ou 400 mm par exemple, l'amplitude 18°, la
température de 11° en hivers qui déterminent les couronnes.
Aux seuils relatifs fixes de l'écosystème correspondent des seuils mobiles
des systèmes socio-économiques suite aux capacités d'innovation et d'adaptation
de l'humanité. Cf. limite, Frontière, Frange, Périphérie, Discontinuité.
Singulier/Singularité
Le singulier est ce qui se rapporte à un seul, qui sort du commun, qui est exceptionnel, rare, unique. La banalité est cette répétitivité qui confère à l'élément une fréquence élevée, une présence habituelle mais dès qu'on change d'échelle ce qui est banal devient original, typique. Considéré en soi, un élément peut être singulier lorsqu'on se place au niveau de l'individualité, de son unicité mais lorsqu'on prend en compte plusieurs éléments et si on se place à une échelle plus vaste, on peut considérer comme banale cette correspondance tant qu'elle se répète. L'originalité provient de la position relative par rapport à d'autres formes banales ou banalisées. Quand un secteur se distingue par un ou plusieurs traits dans un espace défini par l'association de formes répétitives. La banalisation provient de deux processus : soit la répétitivité, soit la relation biunivoque entre deux éléments : une forme et un espace... La singularité est le caractère de ce qui se rapporte à un seul, qualité de ce qui unique, exceptionnel. Cf. Banal, Banalité, Comparaison.
Spécifique
C'est ce qui crée et fait l'originalité , la singularité d'un espace, d'un lieu ou d'un phénomène donné.
Structuralisme
Courant de pensée qui cherche à mettre en évidence les structures, les relations invariantes entre les éléments pour saisir la signification et les règles. Le structuralisme a été élaboré à partir de la linguistique (F de Saussure) et de l'anthropologie (C Lévi-Strauss) pour toucher la plupart des sciences sociales. Il a donné lieu à la modélisation et à la chorématique.
Structure
C'est l'ossature et le mode
d'organisation des éléments. C'est un arrangement matériel observable: on parle
de structure agraire, urbaine... Une structure est la manière dont les parties
sont arrangées entre elles. Une structure est une unité fonctionnelle et
physionomique, localisée dans l'espace qui possède une identité. Elle est régie
et organisée par un système. La structure agricole est régie par le système de
cultures. C'est un ensemble organisé de rapports organiques qu'on peut
rencontrer dans des phénomènes apparemment différents, c'est un modèle de
relations.Pour Lalande, la structure est un ensemble formé d'éléments solidaires
tel que chacun dépend des autres et ne peut être ce qu'il est que dans et par sa
relation avec eux. Il y a structure lorsqu'il y a une articulation donnée entre
les parties d'un ensemble, un agencement réglé. C'est l'ensemble des rapports
reliant les différentes parties. Une structure est un espace homogène par son
aspect, sa genèse ou sa fonction. Une structure est "un ensemble spatial
isochème" (R Brunet) qui a des limites plus ou moins précises. C'est une trame
spatiale (éléments localisés et leurs attributs) assortie par les relations
spatiales.
L'analyse structurale consiste à déterminer les composantes de base de
l'espace, leur articulation d'ensemble, le sens de leurs transformations et les
étapes de leur construction. L'étude structurale a une valeur explicative. Cf.
Système, Processus, Structuralisme, Chorème.
Subjectivité
C'est ce qui est relatif au sujet vivant et pensant qui met un peu de soi dans les idées et la pensée, le langage qu'il utilise, ses sensations et ses perceptions, son discours et sa science. C'est l'opposé de l'objectivité. Le subjectif est ce qui varie avec l'individu et la personne, ce qui relève de la phénomènologie (ce qui relève des sens et de la conscience). Il y a tout un courant en Géographie qui s'est développé avec les années 1970 et qui privilégie cette voie de pensée en réaction aux excès du néo-positivisme. Cf. Objectivité, Béhaviorisme, Comportementalisme..
Synthèse
C'est une démarche qui consiste à mettre les différents éléments ensembles à retenir les grands traits les plus marquants en laissant de côté les détails. C'est une méthode qui procède du simple au composé, des éléments à l'ensemble. C'est un procédé de généralisation, d'éclairage des faits de plusieurs angles. C'est la démarche inverse de l'analyse. Cf Analyse.
Système
C'est un ensemble d'éléments et de structures liées en interaction dynamique qui fait que toute modification, si minime soit-elle, se répercute sur l'ensemble par des ajustements successifs jusqu'à atteindre un nouveau état d'équilibre qui est lui mêdynamique et var. Un système fonctionne comme un tout qui intègre le temps (l'histoire) et est doté de capacités d'autorégulation, d'équifinalités, de complexité croissante, d'irréversibilité, d'échanges avec l'environnement extérieur avec lequel il peut entrer aussi en contradiction. Un système est doté d'une finalité consciente ou non (les systèmes naturels) qui régit son fonctionnement, explique sa dynamique et ses crises. Il est composé d'éléments, d'attributs, de trames, de structures, de processus, de limites, de boucles, de fonctions... La théorie générale des systèmes revient à Von Bertalanffy, elle constitue une théorie d'analyse de ce qui est organisé et complexe : les organismes complexes (J de Rosnay 1975).
Dans le sens général, on parle de système pour tout ensemble d'éléments qui entretiennent des liaisons entre eux. On parle de système urbain, système politique, système économique, système spatial... C'est aussi tout assemblage de principes formant un corps de doctrine : système de Descartes, tout assemblage et toute combinaison, un mode de mesure ou de pouvoir: système républicain, système métrique... Cf. Structure
Taxinomie/Taxonomie
C'est la science des lois et des méthodes de classification des taxons. Cf. Classification, Taxon, Typologie.
Taxon
C'est l'unité taxonomique.
Théorie
Un ensemble argumenté d'énoncés capables d'expliquer déductivement une donnée de l'expérience ou de l'observation. Son corps constitue permet de déduire les implications et de voir les incompatibilités. Elle nous compte de la manière qu'un phénomène se manifeste. Elle est élaborée par un processus de conceptualisation. C'est un système explicatif d'un ensemble de phénomènes que l'on propose, avant de le soumettre à un contrôle expérimental. C'est une explication proposée pour explique un fait ou un phénomène donnés. Le système se réfère à un ensemble de lois reliées logiquement par des principes internes. Elle suppose des axiomes de départ et repose sur des hypothèses implicites ou explicites. Une théorie est toujours valable tant qu'elle contribue toujours à expliquer le réel et jusqu'à ce que une autre théorie vienne la contredire. Cf. Loi, Modèle.
Type
Le type est l'ensemble des traits caractéristiques ou des configurations et des articulations qui singularisent et individualisent un individu, une unité, un espace ou un phénomène donné. C'est un modèle théorique ou idéal autour duquel oscillent les variations individuelles : climat de type méditerranéen, c'est à dire un hivers pluvieux, un été chaud et sec, une variabilité élevée mais autour de ce type on peut trouver des nuances en fonction des températures ou de la sécheresse, de l'humidité ou de la continentalité... Est typique celui qui est singulier, possède les traits du modèle théorique ou idéal. Cf. Taxon, Taxinomie, Typologie.
Typologie
C'est la méthode de distinguer et de classifier les faits ou les objets en des types distincts. C'est la démarche qui permet d'identifier un objet comme appartenant à un type donné. Cf. Taxon, Taxinomie, Type.
Lexique des nouveaux termes géographiques
Le langage de chaque discipline
s'enrichit chaque jours de termes et de concepts nouveaux. Ces termes sont
souvent spécifiques à la discipline ou même empruntés à d'autres disciplines
plus ou moins voisines, ils proviennent aussi du langage courant utilisés
pendant une période donnée à travers l'emprunt, la métaphore ou sous l'effet de
l'ordre dominant et de la pensée courante. Nous nous limiterons ici à présenter
seulement quelques termes qui sont apparus très récemment au cours de ces
dernières années ou décennies ou sont de plus en plus utilisés ces dernières
années sans remonter très loin dans le temps. Pour cela, nous avons jugé inutile
de remonter très loin dans l'histoire de la discipline dans la mesure où tout le
langage devenu de nos jours courant et banalisé, était un moment ou un autre
nouveau. C'est le cas par exemple du terme espace, région et même pays ou ville
?. Pour cela, nous nous limiterons ici au début des années 1970, soit aux
termes qui sont apparus durant les vingt dernières années. Nous avons évité
d'insérer ici tous les nouveaux termes utilisés par le géographie dans la mesure
où de nombreux termes sont créés ou forgés dans ces dernières années mais qui
n'ont aucune dimension géographique ou spatiale même ou ne sont pas l'apanage de
la géographie.
En outre, à force de chercher des termes purement géographiques ou
spatiaux , dans l'optique du géographe, on ne trouve pas des dizaines ?. Est-ce
un signe de manque de spécificité, de la faiblesse de la dynamique de
rénovation ou est-ce une tendance générale de la plupart des sciences sociales
et humaines ?.
Ado
C'est l'acronyme de l'Asie Dynamique et Ouverte (ADO), il désigne les pays asiatiques qui ont adopté le modèle extravert, ont réussi à enregister des performances et des taux de croissance élevés, ils constituent ce qu'on a appelé communément les dragons que ce soit les anciens (Hong Kong, Corée, Singapour, Taiwan) ou les nouveaux dragons: Philippines, Thailane..
Cartomatique
C'est la cartographie assistée par ordinateur. C'est la contraction des deux termes cartographie automatique pou désigner les techniques d'élaboration de cartes à l'aide de l'ordinateur en automatisant les procédures de partition en classe, d'échelles ou de symbolisation.
Chorème Cf supra
Chorématique Cf supra
Contre-urbanisation
Provient de l’anglais: “ counter-urbanization” . C’est le mouvement de ralentissement de la croissance des centre-villes durant les années 1970-1980 qui a été souvent compris ou pris comme un processus contraire à l’urbanisation au profit de la campagne. En réalité, il s’agit essentiellement d’un processus d’extension péri-urbaine et affinage ou détérioration des centres-villes.
District industriel
C'est un espace de vie et de production qui correspond à une concentration de PME autour d'une activité dominante et d'un savoir-faire donnant lieu à un avantage comparatif d'un système productif d'entreprises avec des rapports de concurrence et de collaboration pour résoudre les problèmes.
Exurbanisation
C’est le mouvement de sortie de la population et des activités de la ville ou du centre et leur installation à la périphérie ou dans la couronne périurbaine ou lointaine. C’est le processus de l’installation à l’extérieur de la ville.
Gentrification
C'est la réoccupation des centres villes par les classes aisées (la gentry ) après les actions de rénovation des centre-villes et leur réhabilitation.
Genre
Venant de genus (génération) c'est le sexe, c'est le gender anglais: la distinction sur la base du sexe tandis que ce dernier a une connotation plutôt sexuelle. Le terme est très utilisé par les anglo-saxons mais peu en français. C'est une nouvelle tendance de différenciation selon le sexe le comportement géographique ou même l'analyse des caractéristiques et des répartitions : inégalités du genre, espace au féminin... Les espaces sont souvent réservés à un sexe ou un autre et la géographie du genre a un bel avenir.
Géocode
C’est un code fixant les coordonnées d’un lieu géographique donné selon un référentiel bien précis : latitude, longitude,... Le géocodage est central dans le systèmes d’Information Géographique (SIG).
Géomatique
C'est la géographie informatique. C'est le traitement des données géographiques par ordinateur. Il s'agit des bases de données numériques pour la géodésie, le cadastre et aux cartes topographiques.
Géon
C'est un espace géographique façonné par un système spatialisé identifiable. Il a été proposé par R. Brunet en 1980 bien que employé avant lui par J. F. Richard pour désigner une unité paysagiste élémentaire. C'est un espace produit par un système géographique .
Géostatistique
C'est l'ensemble des méthodes et des techniques d'analyse statistique tenant compte de la position géographique. C'est la statistique adaptée à la géographie et tenant compte de l'espace. C'est une branche de l'analyse spatiale et intéresse l'interpolation et la cartographie.
Géosystème
C'est un espace défini avec ses populations se comportant comme un système. C'est un terme d'origine russe (Sotchava issu de la landschaftovédénié) repris par G Bertrand depuis 1968. C'est une unité naturelle formée par un ensemble systémique d'éléments du sol, du climat, des eaux, du relief et de la végétation. Il est de nature physique et est synonyme d'écosystème. Le mot géosystème signifie aussi tout ensemble géographique qui fonctionne comme un tout, un système dans l'optique systémique.
Hétéronomie
C'est l'opposé de l'autonomie. Ce qui est imposé de l'extérieur. Il désigne surtout le pouvoir étatique ou celui des firmes multinationales qui réduisent l'autonomie locale.
High-Tech
C'est la technologie avancée et de pointe à forte valeur ajoutée. Elle englobe toutes les activités qui utilisent d'une manière ou d'une autre une technologie très sophistiquée qui nécessite une certaine accumulation technologique, un fort taux d'encadrement et un investissement capitalistique. Elleenglobe à titre d'exemple l'industrie électronique, l'aérospatiale, la télématique, les télécoms...
Holon
Venant du grec holos=entier , c'est un élément intégrateur permettant à un système de fonctionner comme un tout et une totalité. La fonction holonique est la fonction d'intégration d'un système assurant sa cohérence. La distance a une fonction holonique qui intègre tous les éléments. Le holisme est un courant qui ne voit que la totalité et non les parties.
Humaniste/Humanistique
C'est un courant sensible aux
lieux, aux attitudes et aux croyances qui leur sont attachée développé depuis
1970 en USA en réaction au courant positiviste. Il met au centre les
représentations et les sensibilités et permet d'analyser les comportements. On
utilise souvent le terme d'humaniste
Infogéographie
C'est l'utilisation de l'outil informatique au service de la géographie. Le terme englobe tous les types de traitement des données spatiales. Il y a même un logiciel de traitement élaboré par Dumolard et J Charre appelé Infogéo.
Peco
C'est l'acronyme des Pays d'Europe Centrale et Orientale (PECO) à la suite de la chute du mur de Berlin, l'éclatement de l'ex-URSS et l'ouverture des pays de l'ancienne Europe de l'Est.
Psem
C'est l'acronyme des Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée.
Rurbain
Terme utilisé pour désigner les citadins vivant dans la campagne tout en restant proches de la ville. C’est aussi le processus de re-conquête de la campagne par les citadins. on les appelle néo-ruraux par analogie aux néo-citadins.
SIG/Système d’Information Géographie
C’est un système automatisé de repérage et d’analyse de données spatiales référencées et rapportées à un lieu donné. Il est appelé plus communément SIG (de l‘anglais Geographical Information System). Le SIG assure la superposition des données sous forme de couche (sol, topographie, occupation du sol, hydraugraphie...). Le SIG combine trois systèmes: un système de gestion de base de données (SGBD) spatiales ou spatialisées (localisation, distance, échelle..), la cartographie automatique ou assistée par ordinateur (CAO) et l’infographie.
Orientations de lecture
Bailly A & al -
1990 : Les concepts en géographie humaine. A Colin.
Bertrand G - 1969 : Ecologie de l'espace géographique. Recherche pour une
science du paysage. Bulletin de le Société de Biogéographie.
Brunet R - 1968 : Les quartiers ruraux. Revue de Géographie des Pyrénées et du
SO.
Brunet R, Ferras R , H Thery - 1992 : Les mots de la géographie. Dictionnaire
critique. Reclus/Doc Française. 518 p.
Dollfus O - 1971 : L'analyse géographique. Puf. Que-sais-je ?.
George P - 1970 : Dictionnaire de géographie.
Larousse
Le Robert